Juliette
Déjoué

Atelier :
41 cours Lieutaud
Fr-13006 Marseille

BIOGRAPHIE

 

Après plusieurs années de pratique du théâtre (jeu et mise en scène) avec le collectif Ubürik, Juliette Déjoué rentre aux Beaux-arts de Marseille d’où elle sort diplômée en 2011. Avec d’autres ancien·nes étudiant·es elle monte le collectif Yassemeqk, ensemble ils et elles partent s’installer à Berlin. L’aventure dure quatre ans. Elle part ensuite vivre à Casablanca. Là-bas aussi elle fera l’expérience du collectif au contact de L’Atelier de l’Observatoire. Avec elleux elle participe à La Serre, projet nomade et pédagogique destiné à faire rentrer l’art dans les quartiers populaires. Le retour à Marseille de plusieurs membres de Yassemeqk, permet l’essor de l’expérience, les projets se multiplient et quelque chose se dessine d’un vocabulaire commun. Le travail de Juliette Déjoué a été montré en France et à l’international : Galerie Lavigne, Paris ; Galerie Affenfaust, Hambourg ; Galerie Pearl and Bones, Londres ; IFM de Casablanca, etc. Le collectif Yassemeqk a participé à la résidence White Mountain College en août 2020 et était visible dernièrement à Marseille au Sissi Club et à la Nave Va.

Née en 1983 à Brest.

J’ai du goût pour le populaire, pour le bariolé. J’aime que ce soit bancal, précaire mais solide quand-même, insolent. Il faut que ça grouille. Je m’intéresse à tous les folklores, aux rituels magiques, au travestissement. Mais aussi à ce qui est fragile, naïf, boiteux. Peut-être voué à disparaitre.

J’envisage la peinture comme une fabrique d’images. Le monde fourmille de cartes à jouer, d’emballages, de livres illustrés, de bibelots idiots. Ça me réjouis et ça me mets en appétit. Je collecte tant que je peux et en voyage surtout je trouve des petites choses fantastiques qui viennent enrichir ma banque de données. C’est comme un grand atlas de la beauté. Mais c’est une beauté invisibilisée puisque jugée inférieure (du fait de sa destination première).

Je leur construits donc un décor, une sorte d’écrin. Pour les rendre visible. Je les extraits de leur fascicule d’origine et ils subissent la transmutation de mon pinceau.

Ça peut effectivement se passer de cette manière-là.

Ou bien j’ai recours au théâtre photographique. Les tableaux vivants.

C’est une mise en scène. De personnes, d’objets. À l’origine du processus il y a cette fameuse collecte d’objets. Je leur tourne autour, je les modifie ou non, parfois je les fabrique, je réfléchis à comment les donner à voir. Ils sont tantôt simplement représentés, partie intégrante de la matière peinte, tantôt séparés, portés sur le devant comme devant un décor. Presque vivants.

Les objets peuvent être des personnes.

La notion de décor est importante. C’est un espace à part entière, ce n’est pas la représentation d’un espace.

Il est destiné à accueillir quelqu’un ou quelque chose. La chose peut être peinte et il sera difficile de distinguer la surface peinte de l’objet qu’elle accueille.

Ça tient du théâtre, du roman-photo peut-être. Parce qu’une autre dimension- qu’on trouve toujours accolée à cette esthétique de la vignette, c’est la fiction. La fiction n’est pas forcément une négation du réel, elle est le réel mais perçu par un autre prisme.

Avec le collectif Yassemeqk, nous tournons aussi autour de cette idée que la fiction est la réalité ultime. Nous nous improvisons tour à tour musiciens, sculpteurs, costumiers, céramistes, nous écrivons un western. Prendre le risque d’être débutant pour alimenter la fiction. Il y a une dimension facétieuse mais une autre aussi, beaucoup plus sérieuse, qui interroge les limites du possible. Prendre le risque de.

Ainsi, pour le projet au long cours Arnaque Minimale, nous sommes un groupe de musique.

Cette fiction, à l’origine, c’est celle d’un groupe de rock nommé Arnaque Minimale.

Les musiciens doivent se produire sur scène.

1ère information importante : ils ne sont pas musiciens.

2ème information importante : la moindre étape, le moindre élément sera façonné par eux. Tout.

Son, costumes, décor, instruments de musique, la scène elle-même.

L’espace scénique devient également un espace rituel, quelque chose se joue qui est d’ailleurs.

Finalement on pourrait résumer cette histoire à la création d’un espace vivant où quelque chose a lieu.

Une chose qu’il n’est pas nécessaire de réduire à une lecture, et qui comporte plusieurs dimensions : visuelle et sonore.

Des deux, de la rencontre des deux, surgit une réalité supérieure, une sorte de super-réalité qui est à la fois populaire et magique.

L’art n’est pas sacré mais il est magique.

 

Juliette Déjoué

Botanique

Juliette Déjoué, Botanique,  dimensions variables, technique mixte, 2018

Harraga

Juliette Déjoué, Harraga, dimensions variables, technique mixte, 2018

Arnaque minimale

Yassemeqk, Arnaque Minimale, extrait d’une série de 5 portraits, 160x90cm, tirage photographique, 2020

Egyptologie

Juliette Déjoué, série Egyptologie, dimensions variables, technique mixte, 2019

Kiev la forêt, Mathilde

Juliette Déjoué, série Kiev la forêt, Mathilde, dimensions variables, technique mixte, 2019