Caroline
Mesquita

Atelier :
19 boulevard Boisson
Fr-13004 Marseille

BIOGRAPHIE

Elle a été diplômée de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris en 2013, et a étudié à la Mountain School of Arts à Los Angeles au printemps 2014. Ses récentes expositions personnelles se sont tenues à la Kunstverein Langenhagen, Allemagne ; Jupiter Artland, Edinburgh, Ecosse ; Les Bains-Douches, Alençon, France, 2014, et 1m3 à Lausanne, Suisse, 2013. Son travail a également été inclus dans diverses expositions de groupe, notamment Europe Europe à Astrup Fearnley Museet, Oslo, Norvège, 2014 ; The Space Between Us, Fahrenheit, Los Angeles, 2014 ; Memory Palaces à Carlier-Gebauer, Berlin, 2014 ; La Vie Matérielle, 15ème Prix Fondation d’entreprise Ricard, Paris, 2013 ; et Rob Pruitt’s Flea Market à La Monnaie de Paris, Paris, 2012.

Née en 1989 à Brest.

www.carolinemesquita.net

Dur, opaque, froid, malléable, et potentiellement coupant – le métal, matière de prédilection de Caroline Mesquita, est travaillé par l’artiste au corps à corps. Elle tord, enroule, use de ses mains, jambes ou hanches comme points d’appui afin de souder, de créer des ouvertures et donner forme.

Parmi les assemblages de laiton, de cuivre, d’inox ou d’acier qui en résultent, on compte une série d’engins volants, une autre d’engins roulants, et tout un cortège de personnages figés dans une action  : des véliplanchistes, des paresseux rampants ou , un couple royal, les rescapés d’un crash d’avion,…

Ce sont d  Dans ses vidéos stop-motion, deuxième volet de la production de Mesquita, que les feuilles de métal devenues volumes sont pour certaines mises en mouvement. Cette continuité entre les médiums résulte en une inversion des rôles, dans laquelle artiste et acteurs sont dépourvus de tout pouvoir d’agir. Éventuellement, un œil s’ouvre, une jambe bouge légèrement, mais la chaire reste molle et plus rien dans leurs corps ne semble érectible. Les personnages de métal, au contraire, s’agitent, mués par une attraction impulsive pour ces humains inanimés ou endormis. Leurs mouvements sont saccadés, le métal coupe ou transforme, le sang coule, et la peau se teinte de couleurs brillantes et plastiques.

Ces scènes en huis clos tournées en plans serrés ne laissent interagir rien d’autre que sculptures et acteurs. Le dur y entre au contact du mou, le froid à celui du chaud, l’inorganique y rencontre l’organique,…
Autant de dualismes qui surgissent comme par mauvais réflexe lorsque l’on détaille le travail de Caroline Mesquita, et qui pourraient se révéler être de faux-semblants.

Cela ne se joue pas seulement au niveau des matières, mais également à celui des registres invoqués. Dans le corpus d’œuvres produites, l’austérité peut être amenée à côtoyer le grotesque, qui empêche, ailleurs, l’érotisme latent de s’installer. Les références modernistes (auxquelles ces conceptions dualistes ne sont d’ailleurs pas étrangères) cohabitent avec une esthétique pop de série B. Et si d’autres influences – cyberpunk, CAMP, voir afro-futuristes – paraissent traverser films et sculptures, l’affiliation avec un mouvement ou un genre existant reste partielle.

Peut-être faut il donc justement voir dans le travail de Mesquita la création de mondes où les rapports inter-espèces sont possibles, et où les mécanismes d’opposition et de classifications hiérarchiques sont inopérants. Finesse et brutalité ne s’y excluent pas, les rapports de force s’y muent en plaisir et les scènes de catastrophe y apparaissent finalement comme joyeuses.

 

Aurélia Defrance

The Ballad

Caroline Mesquita, The Ballad, 221A, Vancouver, 2017. © Dennis Ha

Night Engines

Caroline Mesquita, Night Engines, Galleria T293, Rome, 2017. © Roberto Apa

The Ballad

Caroline Mesquita, The Ballad, vidéo, 30′, 2017

The Machine Room

Caroline Mesquita, The Machine Room, Parcours Art Basel, Historisches Museum Basel, 2018. © Sebastiano Pellion

Astray

Caroline Mesquita, Astray, détail, Kunsthalle Lissabon, Lisbonne, 2018. © Roberto Lopes

Astray

Caroline Mesquita, Astray, vue d’exposition, Kunsthalle Lissabon, Lisbonne, 2018. © Roberto Lopes